Jorinde et Joringel (lecture de 2009)

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Jorinde et Joringel est un conte fantastique, doublé d’une histoire d’amour, des frères Grimm.

Il était une fois un vieux château au cœur d’une grande forêt épaisse où vivait toute seule une vieille femme qui était une très grande magicienne. Le jour, elle se transformait en chatte ou en chouette, mais le soir elle reprenait ordinairement forme humaine. Elle avait le pouvoir d’attirer les oiseaux et le gibier, et elle les tuait ensuite pour les faire cuire et rôtir. Si quelqu’un approchait du château à plus de cent pas, il était forcé de s’arrêter et ne pouvait plus bouger de là tant qu’elle ne l’avait pas délivré d’une formule magique : mais si une pure jeune fille entrait dans ce cercle de cent pas, elle la métamorphosait en oiseau, puis elle l’enfermait dans une corbeille qu’elle portait dans une chambre du château. Elle avait bien sept mille corbeilles de cette sorte dans le château avec un oiseau aussi rare dans chacune d’elle.

Or, il était une fois une jeune fille qui s’appelait Jorinde ; elle était plus belle que toues les autres filles. Et puis il y avait un très beau jeune homme nommé Joringel : ils s’étaient promis l’un à l’autre. Ils étaient au temps de leurs fiançailles et leur plus grand plaisir était d’être ensemble.

Un jour, ils allèrent se promener dans la forêt afin de pouvoir parler en toute intimité.
- “Garde-toi, dit Joringel, d’aller aussi près du château”.

C’était une belle soirée, le soleil brillait entre les troncs d’arbres, clair sur le vert sombre de la forêt, et la tourterelle chantait plaintivement sur les vieux hêtres. Jorinde pleurait par moment, elle s’asseyait au soleil et gémissait ; Joringel gémissait lui-aussi. Ils étaient aussi consternés que s’ils allaient mourir ; ils regardaient autour d’eux, ils étaient perdus et ne savaient pas quelle direction ils devaient prendre pour rentrer chez eux. Il y avait encore une moitié de soleil au-dessus de la montagne, l’autre était déjà derrière. Joringel regarda à travers les taillis et vit la vieille muraille du château tout près de lui ; il fut pris d’épouvante et envahi par une angoisse mortelle. Jorinde se mit à chanter :

“Mon petit oiseau bagué du rouge anneau,
Chante douleur, douleur :
Te voilà chantant sa mort au tourtereau,
Chante douleur, doul…tsitt, tsitt, tsitt.”

Joringel se tourna vers Jorinde. Elle était transformée en rossignol qui chantait : “Tsitt, Tsitt”. Une chouette aux yeux de braise vola trois fois autour d’elle et par trois fois cria : “Hou, hou, hou”. Joringel ne pouvait plus bouger : il restait là comme une pierre, il ne pouvait ni pleurer, ni parler, ni remuer la main ou le pied. A présent, le soleil s’était couché : la chouette vola dans le buisson, et aussitôt après une vieille femme en sortit, jaune, maigre et voûtée avec de grands yeux rouges et un nez crochu dont le bout lui atteignait le menton. Elle marmonna, attrapa le rossignol et l’emporta sur son poing. Joringel ne put rien dire, ne put pas avancer : le rossignol était parti.

Enfin, la femme revint et dit d’une voix sourde : “Je te salue, Zachiel, si la lune brille sur la corbeille, détache-le, Zachiel, au bon moment”. Alors Joringel fut délivré. Il tomba à genoux devant la femme et la supplia de lui rendre sa Jorinde, mais elle déclara qu’il ne l’aurait plus jamais et s’en alla. Il appela, pleura et se lamenta, mais ce fut en vain.

Joringel s’en fut et finit par arriver dans un village inconnu où il resta longtemps à garder les moutons. Il allait souvent tourner autour du château, mais pas trop près. Enfin, une nuit, il rêva qu’il trouvait une fleur rouge sang avec une belle et grosse perle en son coeur. Il cueillait cette fleur et l’emportait pour aller au château : tout ce qu’il touchait avec la fleur était délivré de l’enchantement, et il rêva aussi qu’il avait trouvé Jorinde de cette manière.

En se réveillant la matin, il se mit en quête par monts et par vaux d’une fleur semblable : il chercha jusqu’au neuvième jour, et voilà qu’à l’aube il trouva la fleur rouge sang. En son cœur, il y avait une grosse goutte de rosée, aussi grosse que la perle la plus belle.

Il porta cette fleur jour et nuit jusqu’à ce qu’il arrivât au château. Quand il s’approcha à cent pas du château, il ne fut point cloué sur place, mais il continua à marcher jusqu’à la porte. Joringel s’en réjouit fort, il toucha la porte de sa fleur et elle s’ouvrit d’un coup. Il entra, traversa la cour, prêtant l’oreille pour savoir s’il n’entendrait pas les nombreux oiseaux : enfin, il les entendit. Il alla dans cette direction et trouva la salle où la magicienne était en train de donner à manger aux oiseaux dans leurs sept mille corbeilles.

Quand elle aperçut Joringel, elle se fâcha : prise d’une grande fureur, elle l’injuria et vomit tout son fiel contre lui, mais elle ne put pas l’approcher à plus de deux pas. Il ne tint pas compte de la magicienne et alla examiner les corbeilles aux oiseaux ; mais c’est qu’il y avait là des centaines de rossignols. Comment allait-il retrouver sa Jorinde maintenant ?

Pendant qu’il regardait ainsi, il s’aperçut que la sorcière s’emparait à la dérobée d’une petite corbeille contenant un oiseau et gagnait la porte avec elle. Sur-le-champ il bondit sur elle, toucha la petite corbeille avec sa fleur et la vieille femme aussi : maintenant elle ne pouvait plus rien ensorceler, et Jorinde était là, le tenant embrassé, aussi belle qu’elle l’était auparavant. Alors Joringel refit aussi de tous les autres oiseaux des jeunes filles, puis il rentra avec sa Jorinde, et ils vécurent longtemps heureux.

Raiponce (lecture de 2009)

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Raiponce (Rapunzel, en anglais et allemand) est ce conte des frères Grimm qui raconte l’histoire d’une jeune fille à la voix d’or et aux cheveux si longs qu’ils servent de corde à qui veut la rejoindre, enfermée qu’elle est par une sorcière en haut d’une tour dépourvue de porte.

Le titre du conte est celui d’une  plante (une sorte de campanule) aujourd’hui peu utilisée mais qu’on utilisait autrefois en salade, dont la mère de l’héroïne éponyme avait grande envie, tandis qu’elle était enceinte de sa fille, et que son mari, pour satisfaire sa femme, est allé chercher dans la jardin de la sorcière, bravant celle-ci et ne devant sa vie sauve qu’à la promesse faite de lui donner le nouveau né.

Il est lu ici avec l’accompagnement des Bibous.

On pourra également écouter diverses lectures de ce conte en anglais :

Le briquet (lecture de 2007)

 

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Le briquet est un conte de Hans-Christian Andersen.Un conte joyeux et plein d’allant, comme son héros, un jeune soldat qui, s’il dépouille des sorcières et enlève des jeunes filles, est néanmoins sympathique, parce qu’il est prodigue, optimiste, courageux, et n’a pas peur des chiens aux yeux énormes.

On pourra également écouter une autre lecture par Marie K. Luna.

Baba Yaga (lecture de 2007)

 

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Baba Yaga est ce vieux conte d’origine russe (mais plus largement slave) qui met en scène une sorte de sorcière, nommée Baba Yaga, qui est finalement trahie par sa propre méchanceté parce que les êtres qui l’entourent (une jeune servante, un chat, des chiens, un portail, un arbre) choisissent d’aider à s’enfuir une petite fille que Baba Yaga voulait manger à son petit-déjeuner plutôt que d’aider leur maîtresse à la garder prisonnière, et cela parce que la petite fille a été gentille avec eux alors que leur maîtresse les a toujours maltraités.

Histoire dont j’aime la morale et qui, par certains aspects, reste mystérieuse : qui est vraiment Baba Yaga ? Pourquoi la serviette se transforme-t-elle en rivière et les peignes en forêts ?

Le lièvre et le hérisson (lecture de 2008)

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Le lièvre et le hérisson (The Hare and the Hedgehog, en anglais) est un conte des frères Grimm qui, par son titre et son histoire, rappelle Le lièvre et la tortue de La Fontaine (et celui d’Esope) mais qui, au lieu de mettre en scène une tortue courageuse et persévérante, s’attache à un hérisson malin (et même franchement tricheur).

Il est lu ici avec la complicité active et malicieuse des Bibous.

Ce conte n’est pas l’un des plus célèbres des frères Grimm, et on en parle peu.

On peut néanmoins trouver sur la toile quelques lectures en anglais :

  • une lecture sur le site de la radio allemande, Deutsche Welle, dans le cadre d’une émission pour apprendre l’anglais ;
  • une autre, dans le, cadre de Lit2Go, un service de lecture en ligne du ministère de l’éducation de Floride.

Les habits neufs de l’empereur (lecture de 2007)

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Les habits neufs de l’empereur (du grand duc, avait écrit Andersen) est un magnifique conte de Hans Christian Andersen sur la vanité, la discipline de l’esprit, la crainte que peut avoir chacun de ne pas partager, à certains moments, l’enthousiasme ou la folie générales, et la nécessité, pourtant qu’il y a à ne pas se laisser gagner par elles.

Et, pour une fois, c’est un conte qui, s’il est didactique, est également drôle – ce qui n’est pas souvent le cas chez cet auteur.

On en trouvera une autre lecture sur le site Petitestetes.com

Le petit chaperon rouge (lecture de 2007)

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Le petit chaperon rouge est un conte bien connu de Charles Perrault, mais il a été tellement édulcoré et infantilisé (en partie à cause d’une sorte de symbiose que les frères Grimm en firent avec Le loup et les sept chevreaux), qu’on a fini par oublier la version originelle, et sa fin tragique.

On trouvera sur l’excellent site anglophone Sur la lune tout ce qu’il faut savoir sur les versions anglaises de ce conte : the Little Red Riding Hood.

On pourra en entendre ici différents enregistrements :

  • en français :
  • en anglais :
    • l’excellente lecture, avec animation, du British Council ;
    • une autre, du même genre, sur le site pour enfants de la BBC.