Il faut, pour avancer,
Accepter de chuter dans le déséquilibre ;
Pour remplir ses poumons,
Accepter de d’abord les vider ;
Pour vivre,
Laisser mourir celui qu’on a été.

Accueillir sa faiblesse
Parce qu’elle permet d’accueillir celle de l’autre ;
Etre tendre
Parce que la tendresse est ce qui ne construit pas de muraille,
Ce qui se laisse bousculer, émouvoir, toucher.
Sourire,
Ne pas fermer les écoutilles.

Il y a pourtant aussi au fond de nous quelque chose qui parle,
Qu’il faut savoir entendre, d’abord,
Puis écouter.
Entendre cette voix,
La distinguer du brouhaha dont elle s’élève,
Comprendre ce qu’elle exprime,
Accepter ce qu’elle dit :

Il n’y a – dit-elle – que l’amour qui compte,
Il est l’alpha et l’oméga.
Tout vaut qui a été fait par amour
Et rien ne vaut qui a été fait sans lui.
Il est la seule bonne intention,
La seule mesure des choses.
L’amour est ce qui ne rechigne pas à la peine,
Qui se remet inlassablement à l’ouvrage,
Ne ferme pas la porte, ne tourne pas la page.
L’amour est ce qui maintient.
Il est la perche tendue qui demeure,
L’autre joue offerte,
Le sourire.”

Au fond de soi est l’élan vers l’autre,
Au plus intime des demeures de l’âme,
Ce désir, ce besoin peut-être, de nouer.
De nouer et d’être noué ; d’aimer et d’être aimé :
Désir de dialogue et non de monologue,
Besoin d’échange et non seulement de don.
Donner d’abord et sans contrepartie,
Aimer d’abord et sans condition
Mais il ne faut pas que l’espoir soit tari
Car l’amour nous est chose nécessaire.

Aimer – me dit l’aimée – Sais-tu de quoi tu parles ?
– “Oui : de cette chose-là qui conduit aux étoiles,
Par qui tout autre amour advient,
Et qui meurt, très ordinairement,
De la peur de chuter dans le déséquilibre.

11 thoughts on “Aimer – me dit l’aimée – Sais-tu de quoi tu parles ?

    1. Oh, Maly : c’est très simple et très banal : de la peur d’être déstabilisé et décentré ; de la peur de suivre un autre chemin que celui qu’on avait prévu…

        1. Cela t’étonne ? Ça peut être très angoissant de se retour hors de tout repère et de tout contrôle. On peut surmonter cette angoisse, heureusement. Au moins certains d’entre nous. Mais peut-être les plus blessés ne le peuvent-ils pas.

          1. ce qui m’étonne c’est que tu répondes à la question de l’aimée de cette manière-là, avec de la peur dans l’amour…..
            bien sûr qu’on a cette peur liée à l’amour mais dans l’absolu, l’amour ne devrait-il pas plutôt être confiance? et j’avais l’impression (et sans doute l’enVie) que ce pouvait être une réponse à l’aimée…..

          2. Je ne sais pas, Maly. Que je ne sois pas, moi, dans la confiance totale, et que je prête un peu à l’autre ce sue je ressens moi-même, c’est presque l’évidence. Mais même dans l’absolu, il y a peut-être une tension nécessaire : l’amour n’est pas un donné. Il est un mouvement et construction, tension, flux, fluide. Il est comme attention à l’autre.

          3. j’aime bien votre échange, parce que je pense que l’amour est les deux à la fois, la confiance et la peur…et que s’il n’a pas l’un et l’autre, ou plutôt l’un pour nourrir l’autre et inversement, il meurt…d’où cette sublime chanson de gainsbourg, qui a souvent dit si juste sur l’amour, ce grand sensible….
            belle journée à vous deux….

  1. « cette chose-là qui conduit aux étoiles,
    Par qui tout autre amour advient,
    Et qui meurt, très ordinairement,
    De la peur de chuter dans le déséquilibre »… j’adore .. enfin, ça résonne d’une douleur pansée
    En écoute, c’est encore plus saisissant, merci , c’est lumineux et détaché

Your Message...Your name *...Your email *...Your website...

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.