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Dans La sorcière (qu’on trouve sous plusieurs formats sur l’excellent site de l’Université du Québec à Chicoutimi), Jules Michelet se livre à une réinterprétation fantasmatique et hallucinée du Moyen-Age.

Dans cette période de mort, de noirceur et d’étouffement, dans cette époque écrasée sous le joug féodal et battue des fourches d’un christianisme qui, pour s’imposer, rejette tout ce qui lui résiste, la sorcière incarne la résistance et le refuge. Résistance de la nature et des cultes antiques, refuge des savoirs anciens, pérennité de l’amour et de la sexualité face à une société qui prétend fonder son avenir et bâtir sa régénérescence sur le culte morbide de la virginité.

La sorcière, qui est femme, belle et désirable, est, face à Marie, la réincarnation d’Eve. Elle est la tentation et la connaissance, le corps assumé, ce corps que symbolise, plus encore que le sein, la chevelure, chevelure qu’on dit folle mais qui n’est que libre et déliée, à l’image de celle qui la porte.

La sorcière est la liberté toujours mouvante, la passeuse qui se faufile, l’esprit souple qui se débat dans le carcan d’un monde que l’Église paraît rejeter pour mieux préserver l’Au-delà.

Elle est la vie affrontant une religion devenue apologie de la mort.

C’est comme guidé par l’intuition, par son ressenti plus que par sa compréhension du temps que Michelet semble écrire ce livre, qui est comme un long poème dédié à la femme.

PS : Quelques articles et blogs sur ce livre :

 PS : cet article a été « podcastisé » le 5 avril 2015.

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