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Dans L’art des ponts, Michel Serres dit la beauté, la force et la douceur des ponts qui relient, réunissent, traduisent, rapprochent les êtres et les choses sans toutefois chercher à les posséder ou à les transformer.

Les ponts, qui respectent les différences et les distances entre les rives, qui les marquent même, d’une certaine façon, par leur architecture altière, mais permettent cependant de les franchir, de les réduire, de les amoindrir sans les supprimer ni vouloir le faire. Car il ne s’agit pas de nier la différence ou de tenter de l’abolir mais de s’en affranchir, avec audace et générosité : faire se toucher et se comprendre ce qui est autre et séparé, ce qui demeurera autre, quoique plus proche, dans un geste emprunt à la fois d’empathie et de respect, de compréhension.

Cette approche : aimer sans posséder, c’est le miracle à chaque instant renouvelé de l’amour, et ce qui le rend si fragile.

C’est un beau texte, court et limpide, poétique, émouvant, drôle, intimiste et savant ; un moment de grâce.

C’est un livre pour celle que j’aime.

On trouvera un éclairage de ce texte, sous la plume de son auteur, dans les propos émus tenus par Michel Serres lors de l’assemblée générale de l’AIPC, le 28 juin 2007.

La photo a été prise sur le Forth Road Bridge, à la sortie d’Edimburg.

Cet article a été « podcastisé » le 29 mars 2015.

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